A quoi sert d’avoir les meilleurs produits de haute qualité si l’on ne parvient pas à les faire connaître d’un large public ? Qualité et service, tout comme leurs corollaires marketing et communication, ce sont là des facteurs décisifs pour le succès d’une entreprise de boucherie-charcuterie face à un marché très concurrentiel. Et il n’y a pas que l’idée de faire connaître le produit proposé qui joue un rôle important. Les mesures de communication concertées des différentes entreprises sont tout aussi décisives pour former l’image que donne l’ensemble de la branche, et elles influencent entre autres aussi le recrutement de la relève si important pour ce secteur d’activité. En lançant pour la deuxième fois une compétition entre ses membres sous le nom de Prix de la communication, l’Union Professionnelle Suisse de la Viande a pour but de mettre en avant les excellentes mesures de communication qui peuvent servir d’exemple pour la branche et de promouvoir la qualité des activités de ses membres dans ce domaine. 18 entreprises ont répondu à cet appel et présenté des idées de communication très différentes avec lesquelles elles ont connu le succès. Toutes ces idées ont été présentées à un jury indépendant composé de cinq spécialistes. Le prix est doté d’un montant total de 10‘000 francs. En raison du très haut niveau de la plupart des propositions, le choix du jury a été véritablement difficile. Au final, ce sont les campagnes de communication des quatre entreprises suivantes qui se sont imposées : Ernst Sutter AG (catégorie Grands producteurs, St. Gall-Winkeln), Metzgerei Eichenberger AG (catégorie PME, Wetzikon, ZH), Boucherie-Charcuterie-Traiteur Christian & Antoine Deillon (catégorie PME, Romont, FR) et La Bouche qui Rit (catégorie Innovation, Lausanne, VD). Etant donné que les campagnes des quatre finalistes sont d’une qualité comparable, le jury a finalement renoncé à faire un classement et il a partagé le prix ex-aequo.

Toutes les mesures de communication interne et externe, déjà réalisées ou encore en cours, mises en place par les membres de l’UPSV pouvaient être présentées au jury. Cela comprenait aussi bien des mesures individuelles, des concepts de communication déjà appliqués ou sur le point de l’être, des présences web, activités sur les réseaux sociaux, promotions, concepts de présentation de vitrines et de magasin, actions auprès des clients, events, sans oublier la promotion de la relève. Par contre, les mesures individuelles dont la mise en œuvre remontait à plus de deux ans avant le début de l’inscription ont été exclues de la compétition.

Boucherie-Charcuterie-Traiteur Christian & Antoine Deillon, Romont, FR : « Au naturel » – des produits pour une nouvelle génération d’acheteurs

Se renouveler sans cesse est une obligation, en particulier pour la branche carnée dans l’environnement actuel. Ce qui est inhabituel par contre, c’est que ce processus indispensable à la survie soit mis en place par une entreprise de boucherie-charcuterie artisanale depuis la production jusqu’au design et à l’offre dans le magasin au moyen d’un concept mûrement réfléchi et réalisé à tous les niveaux. Et cela avec les moyens limités dont peut disposer une telle entreprise. La devise résolument mise en place par la Boucherie Deillon sur une multitude de canaux de communication s’appelle « Au naturel » et souligne bien le fait que tous les articles proposés sont produits de manière durable, sans additifs artificiels et dans l’entreprise elle-même. Cela doit aussi et avant tout attirer une nouvelle clientèle jeune, entre 25 et 45 ans.   

Cette campagne de marketing complète et bien pensée est un modèle pour les entreprises de la boucherie-charcuterie artisanale. Les moyens de marketing et les canaux de communication disponibles sont remarquablement utilisés et placés sous une devise claire, compréhensible et correspondant à l’esprit du temps. Avec « Au naturel », l’entreprise a créé une marque qui convient à la commercialisation de ces produits. Elle est ainsi aussi parvenue à se différencier clairement de la concurrence, tout en créant un besoin accru pour la clientèle moderne. Le jury a honoré en particulier le fait que Christian Deillon ait su positionner un produit naturel, avec toutes les caractéristiques requises pour cela, au moyen d’une marque concise, et transmettre de manière simple au consommateur l’utilité de ces produits.

Prix de l’innovation du jury : La Bouche qui Rit SA, Lausanne : acheter depuis chez soi comme si on était au magasin

Ce type de communication est en fait une manière très innovante et efficace de faire face à la situation provoquée par le covid-19 et le semi-confinement. Grâce à des moyens techniques simples le consommateur se voit proposer chez lui la possibilité de faire ses achats à la boucherie-charcuterie, en temps réel et de façon très réaliste. Plusieurs caméras montrent en live le comptoir de vente, comme si le client se trouvait personnellement devant lui au magasin. L’offre se présente ainsi telle qu’elle est au moment même dans la vitrine, et il n’est pas non plus nécessaire de renoncer aux conseils personnels du spécialiste. Ensuite les articles achetés sont livrés au client à domicile et sans tarder. Le jury a considéré ce mode de vente comme une idée extrêmement innovante qui, à son avis, mérite d’obtenir une distinction. Avec des moyens simples, cette mesure permet de tirer le meilleur parti d’une situation difficile et de profiter ainsi du potentiel à disposition. Il s’agit ici d’une façon très innovante de se confronter au casi-isolement en ces temps si particuliers. Mais en temps normal aussi elle devrait être déterminante pour de nombreux commerces de détail dont les clients se tournent vers les ventes en ligne. Avec cette approche, ils pourraient se distinguer du commerce digital et proposer une véritable valeur ajoutée.